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voyage autour du monde en camping car

BOLIVIE - du 5 avril au 21 avril 2017

15 jours en Bolivie et 2500 km parcourus.

Pays coincé entre les mythiques pays du Pérou et du Brésil, la Bolivie n’est pas vraiment touristique et est assez méconnue.

Nous arrivons en Bolivie et courons à la ville de La Paz pour faire réparer le camping-car qui n’avance plus. On se retrouve d’ailleurs plusieurs fois coincé en plein milieu de la ville ne pouvant plus monter la côte qui est devant nous. Sacré moment de stress quand une file de voiture klaxonne autour de vous! Bref, après un 1er réparateur pas très aidant, Didier arrive finalement seul à résoudre le problème : après un dernier détour pour nettoyer la pièce concernée, on peut repartir et découvrir la Bolivie.

Bon, tout d’abord, mauvaise surprise : pour faire le plein d’essence, il faut négocier : et oui, le prix de l’essence qui est de 3,78 boles (monnaie locale) (soit 0,50 euros le litre) est uniquement pour les boliviens. Pour tous les autres, c’est à dire les non-boliviens, le prix international soit-disant officiel est de 8,80 boles, soit quasi le triple ! Nous négocions à chaque plein en suivant les instructions de notre application ioverlander et on refuse dès que le prix est supérieur à 6 boles. On s’en sort pas trop mal : on arrive la plupart du temps à obtenir 5 boles et même une fois 4 boles.

On parle beaucoup de policiers corrompus au Mexique, en Colombie mais jamais ici en Bolivie: et pourtant ! Autant nous n’avons jamais eu d’ennuis dans tous les autres pays (ni au Mexique, ni en Colombie et bien au contraire, les policiers de ces 2 pays ont toujours été très sympas avec nous et aidants), autant on ne peut pas en dire autant de ceux de Bolivie et nous en avons fait les frais. Je m’explique : on passe un péage et ensuite il y a un poste de police : là on passe et on entend juste « allez allez » comme si on devait circuler…et quelques minutes tard, une voiture de police, tout girophare allumé, nous ordonne de nous arrêter et de faire demi-tour jusqu’au poste de police que nous venons de traverser. On s’exécute et l’ambiance dans le camping-car devient lourde : mélange de « qu’est-ce qu’ils nous veulent ? » et « non, je n’ai pas envie de revenir sur mes pas ». Bref, arrivé au poste de police, Didier est dans un 1er temps le seul à descendre et suit le policier jusqu’au poste ..enfin, jusqu’à une espèce de cabane avec dedans 2 bureaux et 2 chaises qui leur sert de poste de police. Après quelques minutes, je sors à mon tour afin d’aider Didier dont je sais que sa compréhension de l’espagnol est assez limitée (même si moi je suis loin de tout comprendre mais à 2, on peut mieux s’en sortir). J’arrive au moment où le policier dit que nous roulions à 100 km /h juste après le péage (à savoir que quelques minutes auparavant, il avait annoncé 120 km/h à Didier…ça a juste baisser de 20 km/h par magie !). Evidemment, il dit cela sans aucun preuve, ni radar à l’appui. Didier lui répète que ce n’est pas possible, et je confirme en disant la même chose (vu les routes la vitesse est inconcevable, surtout après un arrêt à un péage). Le policier insiste et nous parle aussi de son agent qui nous a dit de nous arrêter après le péage, ce que nous n'avons pas fait. Là, je commence à m’énerver (et ceux qui me connaissent, savent que ça c’est pas bon !) et je lui dis que ce n’est pas possible, qu’il ne nous a pas fait signe de nous arrêter et que de plus, si je ne voulais pas m’arrêter, qu’est-ce que je fous ici devant lui (et tout ceci en espagnol…enfin mon espagnol à moi). Sur ce, il prend le mini code de la route Bolivien que lui tend un collègue et là évidemment, je ne peux m’empêcher de rire : et oui, après 2000 km parcourus en Bolivie, on s’est vite aperçu qu’il n’y a pas vraiment de règle au niveau du code de la route ….c’est du tout et n’importe quoi. Ceci étant, mon sourire ne plait pas beaucoup au policier et il me dit que je lui manque de respect en essayant de m’intimider, se rapprochant de moi et me regardant froidement. Et là, tout s’enchaine : Didier me somme de me taire, ce que évidement je ne fais pas. Je m’adresse au policier en lui demandant d’une part où s’est écrit qu’on a pas le droit de sourire et d’autre part, où il était lui ou un de ses collègues hier quand on a fait 10h de route pour 300 km dont 2h de route dans la nuit sur des routes "de m...." en travaux et pas éclairées. Le policier est furieux que j’ai osé sourire et que je réponde et moi je suis vraiment très énervée.  Didier, lui n'arrête pas de me dire de me taire et de me pousser en dehors du bureau. Et là, après quelques minutes, on se retrouve dehors sans vraiment comprendre ce qu'on doit faire ensuite. On nous dit de monter dans notre camping-car et un autre policier monte également avec nous. Didier me fait les gros yeux et me dit « bravo, on va finir la nuit au poste avec tes conneries ». Et bien non pas du tout : je prends soin de récupérer le permis de Didier (et oui, merci Sophie) et le policier monté avec nous dans le camping-car nous dit de partir. Après à peine 1km parcouru, il nous fait arrêter sur le bas côté : il parle beaucoup et on comprend pas tout mais on finit quand même par comprendre qu’il faut payer pour pouvoir repartir sans souci. Nous lui disons que nous n’avons pratiquement plus d’argent car nous allons au Brésil et nous tendons notre porte-monnaie où il reste à peine 15 boles (pour info, nous avions pris soin de cacher le reste avant). Il insiste mais nous aussi : nous passons au Brésil et donc nous n’avons plus d’argent bolivien. Il explique à un autre de ses collègues (qui avait suivi le camping-car en voiture) la situation et finalement voyant qu'ils n'arrivent pas à avoir ce qu'ils veulent, ils nous laissent partir ! OUFFF on file vite. Bon pour la petite histoire, il faut savoir que nous étions à plus de 500 km de la frontière avec le Brésil, et que si ils avaient réfléchi un peu, il était impossible qu’il nous reste aussi peu d’argent mais bon, ils ne réfléchissaient pas vraiment et sont trop préoccupés à nous escroquer de l’argent. Ainsi donc, tout s’est bien terminé. Comme quoi, ça a du bon parfois, d’avoir du caractère ?

La pauvreté est encore descendue d’un cran: pourtant depuis le Mexique, nous côtoyons la pauvreté au quotidien mais la Bolivie est le pays le plus pauvre de tous jusqu’à présent. Ce sont surtout les jeunes enfants et les personnes âgées que nous voyons le plus mendier dans la rue : des petits garçons ou filles faisaient des dessins à la craie sur le sol pour quelques pièces, des vieillards aux vêtements sales et aux pieds marqués par le temps qui espère avoir du pain aux abords des marchés… Ca fait mal au coeur et on ne peut pas aider tout le monde.

Les routes sont d’une extrême monotonie : elles sont droites de chez droite et on n’en voit pas la fin. On se croirait revenu au Canada ou aux Etats unis ! avec leur longues routes droites qui n’en finissaient pas.

On veut improviser aussi des bivouacs sauvages mais on arrête vite dès notre 1er essai : en effet, en écoutant les conseils d’un couple de français rencontré à La Paz, on se rend dans un petit village pour bivouaquer à côté d’un stade de foot : malheureusement, quelques minutes après s’être garé pour la nuit, un vieux villageois qui était pourtant sympathique les premières minutes, nous insulte quelques minutes plus tard et traite même Didier de « diablo » : on se dit que c’est un vieillard saoul (car l’odeur de l’alcool était assez forte) mais d’autres villageois arrivent et n’ont pas l’air plus sympathiques. Ils nous invitent à partir d’ici car ils ne veulent pas de nous dans leur village. Au début, nous ne voulons pas partir mais on change vite d’avis car le ton monte vite. Au moment de partir, on a même droit à des coups de pieds dans le camping-car! On file vite donc et on se demande bien dans quel village de fou on est tombé! A partir de là, on fera attention à tous nos autres bivouacs dans ce pays.

Nous voulions aller voir le parc où on trouve des traces fossilisés de dinosaures mais cela faisait un détour de plus de 10 heures de routes avec des kilomètres de piste donc nous avons renoncé.

Nos visites ont été :

le désert de sel : immense étendue blanche scintillante. Malgré un passage difficile au début du désert (il y avait de l’eau et il fallait bien regarder avant de s’y aventurer) mais finalement qui est passé sans souci à l’aller comme au retour, nous voilà dans cette immense étendue blanche. Les enfants ont adoré conduire dessus et Thomas a battu son record de vitesses (plus de 120 km/h). Nous avons pris pas mal de photos et de vidéos amusantes. Je vous laisse les découvrir dans la vidéo. Cependant, nous étions contents de partir car après 2 jours passés dans ce désert, notre peau, nos lèvres étaient tiraillées de partout! 

Nous visitons aussi le cimetière des trains qui se trouve juste à la sortie du salar. C’est assez amusant mais c’est dommage que la balançoire ait été enlevée et que tout ait été « tagué".

la ville de Potosi et sa mine d’argent : autant la ville n’a pas grand intérêt, autant sa mine d’argent oui. On avait lu dans les livres qu’il fallait s’attendre à un certain voyeurisme et aussi voir une pauvreté jamais vu auparavant. Qu’à cela ne tienne : on préfère voir de nos propres yeux et avoir notre propre avis. Et nous avons bien fait : il est vrai que les conditions de travail sont dures et rudimentaires et qu’à chaque mineur rencontré dans la mine, nous avions un geste amicale, une parole ou un sourire. Nous y sommes allés avec un guide car on ne peut pas visiter la mine seul.  

Il est aussi d’usage avant d’aller visiter la mine de s’arrêter aux boutiques et d’acheter tabac, alcool, dynamites ou feuilles de coca afin d’offrir ces achats aux mineurs qui y travaillent. C’est là que nous avons appris plein de choses  : que les mineurs boivent de l’alcool à 96°! (ouah! santé! mais désolé même Didier n’a pas osé goûter), les enfants ont découvert les bâtons de dynamite avec tout le nécessaire pour la faire fonctionner, nous avons appris à quoi sert ces fameuses feuilles de coca qu’ils mettent dans la bouche comme une chique.

Une très belle visite de 2 heures qui permet de relativiser sur notre petit confort. Et non, nous nous sommes pas sentis des « voyeurs ».

la capitale « Sucre » : on ne dirait pas une capitale tant la ville est petite. Nous avons eu vite fait le tour : il y a des rues de banques, une rue avec des chocolateries, un petit centre commercial, un immense parc de jeux pour enfants … et voilà on a fait le tour.

Nous n’avons aussi pas eu de chance car le peu de musées en ville dont le musée de la paléontologie sont fermés le week end et nous y étions le week end évidemment (avec en prime un vendredi férié). On est finalement allé au cinéma voir « Fast & furious 8 » pour Thomas et moi (pour la grande joie de Thomas) et le dessin animé « Jeff en panale » pour Didier et Mathis. Le lapin de pâques est même venu ici en Bolivie à Sucre.

Nous quittons la Bolivie après 2 semaines passées ici et  ce pays ne nous a pas conquis: les boliviens n’aiment pas vraiment « les étrangers » (surtout la population reculée) et il faut bien avouer qu’à part quelques points, il n’y a pas grand chose à faire. 

Les routes sont interminables et monotones sans compter les routes en travaux toute la journée et qui ne rouvrent qu’à la nuit tombée vous obligeant à conduire de nuit (on a mis 13h pour faire 350 km!).

De plus, négocier l’essence à chaque fois devient vraiment fatigant et énervant à la longue.

Nous partons donc sans aucun regret. A nous le Brésil et sa langue portugaise !

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Angeline 17/05/2017 14:19

j'aime me promener ici. un bel univers. vous pouvez visiter mon blog (cliquez sur pseudo)